Le mieux, pour parler de Jake Rowland, c'est de le présenter dans l'ordre où je l'ai découvert.
Je suis d'abord tombé sur ces portraits qui m'ont immédiatement attirés: rigueur et formalisme techniques, dépouillement et contrôle; je suis toujours admiratif de ce type de traitement qui, par son absence même d'événement, laisse entière la place au mystère du sujet.
Et précisément, en parcourant les différentes photos de la série, le mystère voire le malaise face à chaque portrait s'est fait grandissant.
Ensuite, cherchant quelques informations, je suis allé sur le site de Jake Rowland. Ces photos sont en fait des montages numériques qui mélangent des portraits de sa femme et de lui-même, la volonté étant de questionner l'identité et les altérations que celle-ci subie sous l'effet des relations intimes que nous entretenons, à travers le mariage ou la famille par exemple.
Si l'idée d'affirmer que l'heureux propriétaire d'un chien fini par en porter les stigmates n'est pas franchement nouvelle, je trouve cependant le résultat très fort, et notamment artistiquement. Reste une question que je me pose à chaque fois que je revoie ces photos: les visages m'apparaissent-ils si étranges parce que je connais le contexte, ou bien parce qu'ils sont en fait des visages "impossibles" qui réunissent, de manière imperceptible, des traits de visages qui sont incompatibles? En clair: toutes les combinaisons sont-elles naturellement possibles?
Jake Rowland a poursuivi ce travail en mélangeant des portrait de sa famille nucléaire. Il l'a fait entre 2004 et 2007, est passé par Hyères et le Hey Hot Shot Festival en 2005, une valeur montante donc.
Aujourd'hui, il oriente me semble-t-il son travail vers les objets, la consommation et les icônes; par ailleurs, il vient de lancer une revue en ligne: Texas New York City, sur la photographie et l'écriture.
A suivre; avec attention.
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